Le Verdict Miami vient de tomber, marquant un tournant historique dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, pendant que le système judiciaire haïtien reste plongé dans l’incertitude. Alors que la justice américaine vient de reconnaître coupables les quatre derniers protagonistes clés de l’assassinat de Jovenel Moïse, mettant en lumière la redoutable « Opération Bolivie », le système judiciaire haïtien semble s’enfoncer dans un mutisme troublant. Entre condamnations fédérales d’un côté et ordonnances annulées de l’autre, analyse d’une vérité à deux vitesses qui laisse la famille du défunt président entre satisfaction amère et soif de justice totale.
Par Augustin Jeffrey Carl | Haïti Business | 09 Mai 2026
L’enquête sur l’assassinat du 58ème président d’Haïti vient de franchir une étape historique. Le Verdict Miami, rendu par un jury fédéral en Floride ce mois-ci, marque un tournant décisif dans la quête de justice internationale. Alors que les tribunaux américains condamnent les cerveaux et les logisticiens du complot, le contraste avec la stagnation du système judiciaire à Port-au-Prince n’a jamais été aussi criant. Pour la famille du défunt président et pour le peuple haïtien, ce dénouement apporte une lueur de vérité, bien qu’elle reste encore partielle.
Les détails techniques du Verdict Miami : Qui sont les coupables ?
Après deux mois de témoignages tendus et l’examen de preuves accablantes, la justice fédérale américaine a scellé le sort des quatre derniers accusés majeurs. Antonio Intriago, propriétaire de la firme CTU Security basée à Miami, Arcángel Pretel Ortiz, James Solages et Walter Veintemilla ont tous été reconnus coupables de complot ayant entraîné la mort d’une personne protégée par les États-Unis.
Le dossier a révélé les dessous de l’opération « Bolivie », un plan machiavélique visant à déstabiliser l’État haïtien. Les preuves présentées montrent comment la firme CTU a non seulement recruté des mercenaires colombiens, mais a aussi exporté illégalement du matériel militaire, notamment des gilets balistiques dissimulés sous de fausses étiquettes de fournitures médicales. Ce Verdict Miami confirme que l’assassinat n’était pas seulement un acte de violence isolée, mais une opération financièrement et logistiquement structurée depuis le sol américain.
La réaction de Joverlein Moïse : Une « satisfaction amère »
Dans un communiqué officiel publié suite à la sentence, Joverlein Moïse, le fils aîné du président assassiné, a partagé un sentiment partagé par beaucoup de ses compatriotes : une satisfaction amère. Si le Verdict Miami représente une victoire symbolique, il souligne également l’absence de réponse adéquate sur le sol national.
Le communiqué dénonce avec fermeté le fait que les coupables sont condamnés à l’étranger pendant que, sur la terre natale de Jovenel Moïse, l’impunité semble régner. Joverlein Moïse pointe du doigt les structures internationales qui, tout en rendant justice, s’abritent parfois derrière des protocoles formels qui ne permettent pas d’atteindre la « vérité totale » concernant les auteurs intellectuels encore en liberté ou protégés par des réseaux d’influence.
Le fossé entre la justice américaine et le système haïtien
Le parallèle entre les deux appareils judiciaires est saisissant. D’un côté, la machine fédérale américaine a fait preuve d’une efficacité redoutable, utilisant des ressources technologiques et des témoignages clés pour obtenir des condamnations à perpétuité. De l’autre, le dossier piétine à Port-au-Prince.
Comme nous l’avions souligné dans notre précédent article sur les 2 Appareils de Justice pour une vérité encore introuvable, le système haïtien peine à avancer. Pendant que Miami rendait son verdict, Haïti assistait à des libérations de suspects, des annulations d’ordonnances et une instabilité chronique des juges en charge du dossier. Ce décalage alimente la colère de la population et renforce l’idée que la justice, pour être effective, doit s’affranchir des pressions politiques locales.
Vers une vérité totale ou un secret d’État ?
Le Verdict Miami n’est pas la fin de l’histoire, mais le début d’un nouveau chapitre. Les condamnations d’Antonio Intriago et de ses complices prouvent que le complot était transnational. Cependant, de nombreuses zones d’ombre subsistent, notamment sur le financement exact de l’opération et sur l’implication de certaines figures de l’élite politique et économique haïtienne.
L’administration américaine, par le biais de ce procès, envoie un message clair : le sol des États-Unis ne peut servir de base arrière à des complots visant à renverser des dirigeants étrangers. Mais pour Haïti, le défi reste entier. La nation attend que les tribunaux locaux reprennent le flambeau avec la même rigueur que celle observée en Floride.
Conclusion
L’assassinat de Jovenel Moïse reste une plaie ouverte. Si le Verdict Miami apporte une forme de clôture juridique pour les exécutants et les logisticiens basés aux USA, la quête de justice ne sera achevée que lorsque les complices internes seront traduits devant les tribunaux haïtiens. La vérité ne peut pas être un luxe d’exportation ; elle doit être le socle de la reconstruction de l’État de droit en Haïti.
En attendant, les yeux restent rivés sur les prochaines étapes des enquêtes internationales qui, nous l’espérons, finiront par lever le voile sur les secrets les mieux gardés de cette tragédie nationale.



Espérons que cette enquête porte ces fruits pour que les habitants puisse trouver le fin mot de l’histoire
Une enquête??pfffff
Espérons une bonne nouvelle
À vrai dire, tout ceci n’est qu’un cirque joliment mis en scène. Mais enfin, que pouvons nous y faire à part nous résigner. Après tout « la raison du plus fort est toujours la meilleure!
Je pense aussi la même chose.
Ce n’est rien d autre qu une façade.
Il faut ouvrir nos yeux. Le plus tôt sera le mieux
il est nécessaire de trouver le fin mot de l’histoire
c’est tres preoccupant
Cela est vraiment tres preoccupant
L »inévitable reste à venir
La Justice américaine avance, la justice haïtienne bloque.