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L’Urgence du Dialogue politique en Haïti : Alix Didier Fils-Aimé relance les discussions

Le dialogue politique en Haïti est officiellement relancé par la Primature. Quinze jours après le départ du CPT, la Primature sort les bougies et rallume le “dialogue national”. Les politiciens applaudissent, les diplomates observent… et le peuple, lui, attend toujours qu’on lui rallume la lumière : celle de la sécurité et de la vie normale.

Le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé tente toujours de se frayer un chemin dans le marécage politique haïtien.
Sans véritable carte blanche, il s’efforce de rassurer une classe politique qui réclame, comme à son habitude, des postes ministériels « pour sauver la nation » entendez plutôt : pour sauver leurs chaises.

Les enjeux de la relance du dialogue politique en Haïti

Cette semaine, c’est dans les salons climatisés de l’hôtel Ritz Quinam, à Port-au-Prince, que la grande scène du théâtre politique haïtien a repris vie.
Autour du Premier ministre, plusieurs représentants de partis politiques se sont réunis pour « discuter du sort du pays ».
Sur le papier, il s’agissait d’un dialogue national ; dans la réalité, une réunion où chacun jouait son rôle : l’opposant qui « participe sans cautionner », le politicien ambitieux qui prêche « l’unité nationale », et bien sûr, le Premier ministre qui promet une « main tendue à tous ».

On aurait presque cru à une répétition du Carnaval politique haïtien, sans musique, mais avec la même mise en scène : discours soignés, sourires forcés et promesses recyclées.
L’objectif : poser les bases d’un « accord minimal » pour gouverner ensemble.
Et pendant que l’on parlait de consensus dans un hôtel climatisé, le pays, lui, continuait de s’enfoncer dans la chaleur étouffante de la misère et de la peur.

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Un dialogue politique en Haïti freiné par les appétits ministériels ?

Depuis la disparition du CPT, Alix Didier Fils Aimé est seul maître à bord : un Premier ministre sans président, sans opposition structurée, mais entouré de conseillers et de diplomates prônant la « stabilité ».
Les représentants étrangers l’encouragent à bâtir un large consensus politique.
Mais en Haïti, le consensus est souvent une créature mythique : tout le monde en parle, personne ne l’a jamais vue.

Dans les couloirs du pouvoir, certains cherchent surtout à négocier leur place dans le prochain gouvernement.
Un consensus à géométrie variable, donc où chaque accord est taillé sur mesure pour ne froisser personne, mais ne satisfaire réellement que quelques-uns.

La sécurité : le grand absent du dialogue politique en Haïti

Pendant que les discussions politiques se déroulent dans des hôtels bien gardés, le peuple haïtien, lui, vit barricadé.
Les gangs contrôlent toujours de vastes zones de la capitale ; les routes nationales sont coupées ; les écoles ferment au rythme des rafales de balles.
Des milliers de familles dorment encore dans les rues, déplacées internes d’un pays qui tourne à vide.

Et pourtant, la priorité nationale est simple : la sécurité.
Pas de conférences, pas de promesses juste la possibilité de sortir de chez soi, d’aller travailler, d’envoyer ses enfants à l’école sans craindre pour leur vie.
Mais pendant que les puissants discutent de portefeuilles ministériels, les citoyens haïtiens discutent de la meilleure heure pour traverser leur propre quartier sans être pris pour cible.

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Des élections promises… mais toujours hypothétiques

Le gouvernement promet des élections avant la fin de 2026, mais personne n’y croit vraiment.
Les conditions de sécurité sont catastrophiques, les institutions sont fragiles, et la confiance du peuple envers ses dirigeants est à son plus bas niveau.
On parle de dates, de commissions, de plans stratégiques… mais tout cela ressemble plus à une illusion administrative qu’à une préparation électorale sérieuse.

La vérité, c’est qu’il est impossible d’organiser des élections libres dans un pays où l’État n’a plus le monopole de la force.
Et tant que les gangs dicteront la loi, les urnes resteront un rêve lointain.

Analyse critique : pendant qu’ils négocient, le peuple survit

La réunion de l’hôtel Quinam n’était pas inutile ; elle était simplement déconnectée.
Déconnectée de la réalité des marchés paralysés, des routes bloquées, des écoles fermées, des familles déplacées et des travailleurs ruinés.
Derrière les grands discours sur « la reconstruction nationale », le pays se désagrège sous leurs yeux, lentement, silencieusement.

Et pendant que les dirigeants cherchent à s’entendre entre eux, le peuple haïtien attend que quelqu’un s’entende enfin avec lui.
Il ne demande ni ministère, ni privilèges, ni conférences internationales : il demande la liberté de circuler, de travailler, de vivre.

En conclusion

En définitive, l’urgence du dialogue politique en Haïti ne se mesure pas au nombre de sièges négociés au Ritz Kinam, mais à la capacité du gouvernement de Didier Fils-Aimé à reprendre le contrôle du territoire. Sans une sécurisation immédiate des axes routiers et des quartiers de la capitale, toute promesse d’élections d’ici 2026 restera une pure fiction administrative.

La population ne demande pas des réformes constitutionnelles complexes ; elle exige le droit fondamental à la vie. Alors, une question demeure :

« Le gouvernement haïtien a-t-il réellement la volonté politique de neutraliser l’insécurité, ou préfère-t-il la gérer comme un outil de statu quo ? »


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