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Attaque de Seguin : 5 Signes Alarmants que le Sud-Est est en Danger

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, un attaque de Seguin a eu lieu. Des bandits armés ont attaqué cette localité de la commune de Marigot, dans le département du Sud-Est. Une attaque de plus. Mais cette fois, c’est la dernière porte qui risque de tomber. Derrière elle : Jacmel, patrimoine mondial de l’UNESCO.

Par la Rédaction | Haïti Business | 20 avril 2026

1. Seguin : une localité sous pression depuis des mois

Tout avait commencé bien avant la nuit du 14 avril. Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, les bandits s’étaient empares de Kenskoff. Ce coup de force avait bloqué la seule route terrestre reliant l’Ouest et le Sud-Est. Un premier signal. Ignore.

Quelques mois plus tard, les mêmes groupes armés ont attaqué Tète Ka Jaki, une zone limitrophe de Seguin. Des victimes. Des familles brisées. Et toujours ce silence assourdissant de l’Etat.

La population de Seguin n’a pas attendu. Des brigades se sont formées spontanément. Des hommes et des femmes ont décidé de défendre leur zone, conscients que personne d’autre ne le ferait à leur place.

2. Une route vitale, des promesses sans suite

Seguin n’est pas un village isole. Sa route de campagne, en terre battue et montagneuse, desservait quatre départements entiers. C’était la seule voie qui restait entre plusieurs régions du pays. Un chemin de survie pour des milliers de personnes.

Face à la menace grandissante, les autorités se sont finalement déplacées. Le vice-délègue du Sud-Est Pierre Michel L’affrontant, la mairesse Lourdiez César, la directrice de la Police Magalie Belneau et le directeur du TPTC ont effectué une visite des lieux. Objectif affiche : évaluer et améliorer la route pour permettre la montée de véhicules de police à Seguin.

Des mois ont passé. Pas un bulldozer. Pas un renfort. Pas un suivi. Juste le silence.

3. La nuit du 14 avril : l’attaque de Seguin

Les bandits connaissaient leur objectif. Dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, ils ont frappé Seguin avec précision. Leur but : libérer deux complices qui infiltraient la zone en tant qu’informateurs. Mission accomplie. La communauté a payé le prix fort.

L’attaque a fait plusieurs victimes civiles. Terrorises, de nombreux habitants ont fui vers Jacmel dans la nuit même. Le lendemain, des manifestations ont éclaté dans la ville. Les écoles ont fermé leurs portes. Une semaine entière paralysée.

L’Etat a réagi par un changement de tête. Magalie Belneau a été remplacée par Appolos Vilette, ancien responsable de l’unité Bri au sein de la DCPJ. Le samedi 18 avril, le nouveau directeur de la Police du Sud-Est s’est rendu à Seguin pour une visite de terrain.

Ce matin du 20 avril 2026, vers 5 heures, les bandits ont de nouveau attaque Seguin. Les policiers tentent de les repousser. Le bilan est encore inconnu.

4. L’inaction de l’Etat : jusqu’où ira-t-on ?

La question mérite d’être posée sans détour. Le département du Sud-Est est-il en train de devenir le prochain territoire perdu ? Les signaux étaient là depuis janvier. L’attaque de Kenskof. Celle de Tète ka Jak. Les brigades citoyennes qui naissent par désespoir, faute de protection de l’Etat.

Les bandits traversent les départements avec une aisance déconcertante. Ils connaissent les routes. Ils ont des informateurs en place. Ils planifient. Pourquoi ont-ils autant de liberté de mouvement ? Parce que chaque jour d’inaction de l’Etat est un cadeau offert à leurs opérations.

La force de suppression des gangs est présente dans le Sud-Est. Elle est encore peu nombreuse. Mais elle est là. A-t-elle les moyens ? Le soutien logistique ? Le feu vert politique pour agir pleinement ? Ces questions doivent recevoir des réponses concrètes. Ces questions doivent recevoir des réponses concrètes. Dans ce contexte de crise sécuritaire, beaucoup d’observateurs estiment que l’urgence du dialogue politique en Haïti est plus que jamais nécessaire, comme le souligne l’initiative d’Alix Didier Fils-Aimé pour relancer les discussions nationales. Une visite sans suivi n’est pas une réponse. Pas des visites.

Une visite sans suivi, ce n’est pas une réponse. C’est une insulte a ceux qui souffrent.

5. Jacmeliens, Jacmeliennes : réveillez-vous !

Il faut le dire clairement. Seguin n’est pas loin. Seguin, c’est la porte de Jacmel. Et Jacmel, c’est nous.

Jacmel est classée patrimoine mondial de l’UNESCO. Une perle de la Caraïbe. Une ville qui a traversé des siècles d’histoire, de résistance et de créativité. Nous ne pouvons pas la regarder tomber. Nous n’avons pas ce droit.

La population de Seguin, sans armes lourdes, sans soutien de l’Etat, a choisi de se battre. Ces hommes et ces femmes nous montrent le chemin. A nous de les rejoindre. Dans les rues. Dans les bureaux. Sur les réseaux. Partout.

Exigez des renforts. Exigez le suivi des promesses. Exigez que l’Etat fasse son travail. Faites du bruit jusqu’à ce que quelqu’un vous entende. Jacmel ne peut pas être le prochain territoire perdu.

Jacmelien, Jacmelienne, réveille-toi. Ayons cet élan patriotique.

Cet amour pour notre ville. Cette rage de la sauver.

Jacmel pap péri.

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