AccueilACTUALITESChampionnat interscolaire MJSAC: un match, une leçon de vie

Championnat interscolaire MJSAC: un match, une leçon de vie

Rédigé par Jeffrey Carl Augustin

Mardi, l’attente avant l’épreuve

Championnat interscolaire MJSAC, sous un ciel gris et menaçant, les élèves du Centre Alcibiade Pommayrac ont livré un match intense face à Milot Gousse, entre fatigue scolaire, pression et rêves de victoire. Mardi 10 mars, l’après-midi s’étirait lentement sur le site de Bois Boeuf. Le terrain attendait. Les élèves arrivaient par petits groupes, encore imprégnés de l’odeur des salles de classe. L’entraînement devait commencer à l’heure, mais le temps scolaire impose souvent sa propre cadence. Trente minutes plus tard, les joueurs formaient enfin un cercle autour de leur entraîneur.

Le championnat interscolaire organisé par le Ministère de la jeunesse, des sports et de l’action civique(MJSAC) permet aux élèves de développer discipline et responsabilité.

Ce match s’inscrit dans la continuité du championnat interscolaire récemment lancé par le MJSAC, une initiative que nous avions déjà présentée dans notre précédent article Jeux scolaires Jacmel : Le retour du football interscolaire en 2026.

Milot Nestor, responsable de l’EPS et entraîneur du CAP, observait ses joueurs avec un calme presque paternel. Avant même que le ballon ne touche le sol, il prit la parole. Il parla d’engagement, de discipline, de solidarité. Pour lui, l’entraînement ne commence pas avec le ballon, mais avec l’état d’esprit. Depuis janvier, expliquait-il, l’équipe se prépare avec une approche complète, technico-physique et tactique, tout en insistant sur le collectif.

Les joueurs commencèrent à s’échauffer. Le ballon circulait, les rires éclataient parfois, mais derrière la légèreté apparente, l’objectif était clair. Le CAP avait déjà remporté sa première rencontre. Le deuxième match approchait. L’ambition était simple : gagner la compétition cette année.

Au fil des exercices, l’intensité montait. L’entraîneur corrigeait les placements, insistait sur la possession du ballon, sur les attaques construites depuis l’arrière et sur l’utilisation des ailes pour déséquilibrer l’adversaire. Les joueurs semblaient plus concentrés que lors des premières séances. Au début, confiait-il, certains prenaient l’entraînement à la légère. Mais à force de discours et de répétitions, les élèves avaient compris que le football exigeait engagement et responsabilité.

Parmi eux, Baptiste Roodley Kimball Gariendo, vice-capitaine et élève de NS3, restait discret. Timide, il parlait peu mais son regard traduisait une détermination tranquille. Pour lui, l’ambiance dans l’équipe était bonne, marquée par la solidarité et le respect. Il disait venir s’entraîner avec l’espoir de remporter des titres pour son école. Entre les cours et les entraînements, il apprenait à gérer son temps. Le football, selon lui, lui enseignait la responsabilité.

Jeudi matin, entre fatigue et incertitude

Le 12 mars, le ciel avait changé. Une lumière grise enveloppait la cour de l’établissement. Certains joueurs venaient de terminer une composition de chimie ou de physique. La fatigue se lisait sur les visages. Le championnat interscolaire devait cohabiter avec les exigences scolaires.

Dans la cour, l’enthousiasme des supporters semblait limité. Plusieurs élèves évoquaient les cours, les examens à venir, la fatigue. Certains réclamaient une meilleure organisation pour permettre aux élèves de venir soutenir leurs camarades. Le football restait important, mais les priorités scolaires pesaient lourd.

Pourtant, l’équipe, elle, restait concentrée. Avant le match, Milot Nestor affichait une sérénité assumée. Il croyait en ses joueurs. Fort de la première victoire, il abordait cette rencontre avec confiance. Le message était clair : exploiter les occasions, rester positif, jouer avec discipline.

Dans le vestiaire, la pression montait. L’entraîneur présenta un nouvel équipement, rappelant aux joueurs l’importance de prendre soin du matériel. Le geste semblait symbolique. Le football devenait une école de responsabilité.

Une première période difficile

Le coup d’envoi fut donné. Rapidement, le CAP se retrouva sous pression. L’équipe peinait à défendre en bloc. La ligne de quatre défenseurs n’était pas respectée. Le milieu de terrain semblait absent. Les joueurs perdaient trop de ballons.

Pourtant, contre le cours du jeu, le CAP ouvrit le score sur un but contre son camp. Un moment inattendu. L’équipe menait, mais l’entraîneur restait préoccupé.

À la pause, Milot Nestor ne cachait pas sa colère. Il estimait que ses joueurs n’avaient respecté qu’à peine une partie des consignes. Il insista sur la nécessité de gagner les duels au milieu et de mieux organiser la défense. Malgré l’avantage, il parlait d’un match mal maîtrisé.

Autour de lui, les joueurs écoutaient en silence. Le moment était intense. La mi-temps ressemblait à une remise à niveau, presque une initiation.

Douze secondes fatales

La seconde période commença brutalement. Douze secondes suffirent pour que Nossirel Lhérisson égalise. Une erreur de concentration, un instant de flottement. Le CAP encaissait un but évitable.

David, milieu de terrain, évoquera plus tard ce moment comme le plus difficile du match. Selon lui, l’équipe avait manqué de concentration. Le but avait compliqué la rencontre, mais les joueurs restèrent soudés.

Le match continua. Le CAP souffrait, mais ne rompait pas. L’entraîneur opéra des changements. Certains joueurs apportèrent de la stabilité. L’équipe trouva deux ou trois occasions franches, sans parvenir à conclure.

La fatigue s’installait. Les joueurs continuaient pourtant à se battre. Pour l’entraîneur, cette résistance constituait une satisfaction. Malgré la domination adverse, l’équipe n’avait pas abandonné.

Le coup de sifflet et les leçons

Le match se termina sur un score de un but partout. Les joueurs, épuisés, se rassemblèrent autour de leur entraîneur. Le bilan était mitigé. L’équipe aurait pu gagner, mais elle avait sauvé le point du nul.

Milot Nestor souligna l’engagement de ses joueurs. Il évoqua les ajustements nécessaires, notamment sur le plan défensif et sur la cohésion collective. Pour lui, le sport contribue à former des citoyens responsables. Il apprend la coopération, la tolérance, et efface les barrières sociales entre les jeunes.

David, encore fatigué, parlait de solidarité. Sur le terrain, disait-il, chacun couvre l’autre. Le football, selon lui, enseigne la discipline et l’entraide. Représenter son école reste une fierté. Porter le maillot signifie porter une famille.

Retour à la réalité

Après le match, les joueurs quittèrent lentement le terrain. Certains ramassaient leurs affaires, d’autres restaient silencieux. Le lendemain, les examens reprendraient. Les cours aussi. Les cahiers remplaceraient les ballons.

Mais quelque chose avait changé. Sur ce terrain, ces élèves avaient appris à souffrir ensemble. À rester unis malgré les erreurs. À accepter l’incertitude.

Le ciel restait sombre en quittant le site sportif de bois boeuf. La pluie menaçait toujours. Pourtant, dans les regards des joueurs, une lueur persistait.

Le championnat continuait.

Et quelque part, entre fatigue scolaire et rêves de victoire, le CAP avait déjà commencé à préparer son prochain combat.

A LIRE AUSSI
- Advertisment -

derniers articles

LES COMMENTAIRES RECENTS